#ubuntuphone: impressions après deux mois d’utilisation

Après deux mois d’utilisation du BQ E4.5 édition ubuntu, je pense qu’il est temps que je fasse un petit compte rendu de son utilisation. Bien que ce téléphone s’adresse plus particulièrement à la communauté du libre ainsi qu’aux ubunteros, de nombreux avantages peuvent être trouvés pour ceux qui désirent s’émanciper de Google ou d’Apple. Bien que pour le premier j’y mettrai un bémol très rapidement. Cependant, il est clair qu’à ce stade ci du développement, il y a des points à améliorer et l’OS peut paraître déroutante aux « non-initiés ». Je rappelle tout de même que nous avons tous dû apprendre à utiliser un Blackberry, un iPhone ou un Androïd, donc ce n’est pas le fait de prendre de nouvelles habitudes qui devrait nous empêcher de nous intéresser à ce joujou.

Je ne vais pas revenir sur les caractéristiques techniques ni sur toutes les fonctionnalités du téléphone, mais seulement sur les principales que j’utilise presque tous les jours. C’est à dire, le téléphone, les sms, telegram, internet et e-mails. Je ne suis pas informaticien, donc je n’utilise pas le terminal et je ne rentre pas de lignes de code exepté pour Dekko, le client email, mais j’y reviendrai. Il est important de noter que ce billet date du 18 juillet 2015, car l’évolution est très rapide et que la situation décrite aujourd’hui sera vite obsolète.

En tout premier lieu, il faut mettre en avant la simplicité d’utilisation. Ce téléphone est réellement intuitif. Vous avez certainement déjà vu sur youtube la façon de swiper ou encore l’utilisation des quatre bords et un bref aperçu du téléphone. Si pas, une vous pouvez regarder cette vidéo :

La mauvaise surprise UPS

Lorsque j’ai reçu mon téléphone, la très très mauvaise surprise a été la facture UPS. Faites vraiment attention, ce sont des voleurs. J’ai d’ailleurs écrit à BQ pour leur demander de proposer une alternative pour acheteurs suivants (peut-être vous). Me faisant livrer mon téléphone en Suisse, le prix de l’acheminement est demandé à la commande, soit 25€. Seulement, le téléphone est hors taxe, donc je sais très bien que je vais devoir payer un supplément. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est que ces enc**** de UPS me chargent 20€ de commission en plus juste pour traitement des frais de douane, ceux-ci non inclus évidemment. 25% du prix du téléphone en sus pour UPS. Bref, renseignez vous bien.

Contacts

Pour en revenir au téléphone, la première chose qui m’a suprise lorsque j’ai commencé à configurer le téléphone, c’est que l’importation des contacts se fasse soit par google, soit par la carte sim. Il n’y a pas d’autre possibilité. Je ne suis pas un grand fan de Google sans non plus les voir comme un grand méchant loup, seulement je pensais qu’Ubuntu offrirait une autre option comme l’importation de fichier ou synchronisation avec d’autres clients. Il est à souligner que celle-ci est nickel, je la trouve même meilleure que sous Androïd. Avec l’ubuntuphone, tous vos contacts sont importés, pas seulement les plus importants aux yeux de Google.

Téléphoner

Aucun problème avec la gestion de la double sim. Moi qui passe mon temps entre la Suisse et la Belgique, je n’ai plus besoin de deux téléphones sur moi pour optimiser le prix de mes appels. Par contre, premier point négatif : lorsque vous avez pris l’habitude de taper les premières lettres de votre correspondant pour l’appeler, c’est très frustrant de voir que cela ne fonctionne pas sur votre nouveau téléphone. Il vous faut donc predre du temps et passer par vos contacts, rechercher la personne, etc…

SMS / Chat

De nouveau, aucun gros problème technique. C’est même très facile de garder une conversation avec les deux cartes sim. Par exemple, mes amis belges peuvent me contacter sur mon num belge et depuis la Suisse, je leur réponds à partir de mon num suisse.

Parfois des petits bugs pointent le bout de leur nez, comme les messages qui n’apparaissent pas dans les éléments envoyés. Une autre chose un peu embêtante, c’est que dans l’application native, le choix de la carte sim se fait dans l’emplacement, tandis que lors d’une réponse rapide via le menu du haut, le choix se fait par ordre alphabétique, donc parfois je trompe de carte. Le fait de pouvoir répondre sans devoir ouvrir l’application sms est très pratique.

Pour le chat, c’est la fantastique application Telegram. J’ai bien dit fantastique, car elle est multiplateforme, ne nous flique pas et a la possibilité d’être ouverte sur l’ordinateur. Et ça, c’est vraiment cool : je peux chater vers un téléphone depuis mon PC. Je sais que certains regrettent WhatsApp, mais moi, pas du tout. Le seul hic, évidemment, c’est que cette application est encore confidentielle et certains de mes contacts ne veulent pas l’installer. Avec eux, je continue avec les SMS.

3G

Aucun soucis. C’est même relativement facile de passer d’une carte à l’autre pour les données. Pas besoin d’interchanger les cartes sim, les deux emplacements sont fonctionnels pour la 3G. C’est peut-être parce que j’ai l’habitude de l’OS Ubuntu sur mes ordis, mais c’est franchement très intuitif pour trouver les informations sur le téléphone. Et cela fait du bien.

Client e-mail

Très grosse déception au départ, car il n’y a même pas de client mail à proprement dit. C’est à dire que Dekko est encore en version beta… Je n’arrive pas à comprendre qu’un smartphone soit développé sans avoir pensé aux emails. Il faut toutefois noter qu’il y a eu deux mises à jour depuis que j’ai le téléphone et que c’est réellement prometteur. Par contre, c’est tout de même une grosse lacune. Par exemple, problème de configuration au départ avec OVH, mais la solution se trouve ici. C’est la seule fois où j’ai dû rentrer des lignes de codes et j’avoue que j’ai un peu galéré, notamment parce que je ne savais pas qu’il fallait mettre son téléphone en mode développeur.

Aujourd’hui, c’est un peu mieux, mais le carnet d’adresse n’est pas automatiquement relié à celui de votre téléphone, c’est impossible de voir les messages envoyés ou encore de faire une recherche dans les archives. Tout cela est un peu pénible, parce que cela donne l’impression d’avoir le minimum du minimum, mais avec du gros potentiel derrière: on sent que les développeurs sont motivés. Il faut tout de même noter qu’une webapp a été développée pour Gmail, mais bon, c’est ma boîte à spam, donc je ne l’utilise que très rarement.

Internet

Un peu à l’instar de Dekko, nous avons droit au minimum syndical en ce qui concerne le navigateur internet. Je n’ai toujours pas compris comment utiliser les favoris et il n’y a pas la possibilité d’avoir des extensions comme un bloqueur de publicité. Heureusement, il y a facilement accès à la fonction navigation privée. Sinon, malgré le fait que je demande à ce qu’à l’ouverture les derniers onglets soient visible, il revient systématiquement à la page par défaut. Autre chose qui m’insupporte, c’est le fait que lorsque je n’utilise pas l’application un certain temps, même bref lorsque je la laisse ouverte, lorsque je reviens dessus, la page est reloadée. Ici aussi, c’est suprenant qu’un smartphone ne soit pas conçu avec un navigateur dernier cri.

Applications / WebApps

La toute première chose à relever, c’est que les applications que j’ai téléchargées ne m’ont jamais demandé à accéder à mes photos, microphone, etc… J’ai encore une once d’innocence et d’idéalisme en moi qui me poussent à dire que grâce à l’open source et à Ubuntu, cela n’arrivera peut-être jamais. Mais d’un point de vue commercial, aussi bien Canonical que la Mozilla foundation ont déjà ouvert la boîte de pandore du data mining. Donc à voir dans le futur… Comme je le rappellerai au niveau du GPS, le téléphone a de toute façon un endroit où l’on peut bloquer les accès demandés par les apps.

Je préviens tout de suite : je ne suis pas un fan des jeux, des candy crushs etc… Dans ce cadre, j’ai été très agréablement surpris par le nombre d’applications disponibles. Par exemple, des webapps ont été développées pour ma banque (postfinance.ch), les trains suisses (CFF), les trains belges (même si l’appli n’est pas au top), ou easyjet… Les (vraiment) nombreuses applications disponibles sont sur le site uApp, même si elles ne sont pas toutes de qualité. Il n’est d’ailleurs pas très facile de les trouver, perso, j’en suis encore à aller sur mon ordi pour les rechercher plutôt que sur le smartphone. Dans l’appstore officiel, tout ne s’y trouve pas « en un clic » et sur uApp, ce n’est pas du tout convivial en y allant depuis l’ubuntuphone.

Comme je l’ai dit, je ne suis pas un gamer sur mobile, mais de nouveau, j’ai été content de trouver des jeux pour passer le temps. Les jeux sont réellement amusants et très « vintage ». Je mets bien des guillemets, car le graphisme est tout à fait correct en général, mais les jeux me font penser à mon adolescence dans les années 80: tour et défense avec Machines vs Machines, plateforme avec Pandalove ou SnowBall World , des jeux 80s avec MasterMind, Tetris, ou enfin un petit bijou de puzzle: Chromatic.

Enfin, je ne comprends pas le problème Apps vs Webapps. C’est vrai que j’utilisais déjà ces dernières sous Ubuntu, mais personnellement, je n’ai jamais été embêté dans mon utilisation quotidienne en les utilisant. Je dirais même que l’avantage c’est qu’elles ne sont pas fouineuses comme FB ou Google. Une fois déconnecté de votre site, plus de possibilité de pister.

Réseaux sociaux

Que ce soit pour G+, Twitter ou FB, des webapps ont été développées. Comme je le disais dans le paragraphe précédent, ce que j’aime, c’est qu’elles ne me pistent pas. Par contre, il y a tout de même quelque chose de très gênant: le fait que les pages se reloadent lorsque je quitte l’application. J’ai également remarqué qu’il est difficile, voire impossible, d’uploader des photos sur FB, mais peut-être est-ce dû au fait que je les stocke sur la carte SD et non sur le téléphone. Je n’utilise pas instagram ou linkedin, mais je sais que les applications existent aussi.

GPS

Un gros manque vient d’être comblé avec l’application GPS Navigation. Elle est basée sur OpenStreetMap et est efficace. Un gros bémol est à rajouter en ce qui concerne la luminosité de l’écran. En effet, même si je demande au téléphone de ne pas se mettre en veille, à un moment donné l’écran s’assombrit quand même. Il ne le fait pas complètement, mais c’est très désagréable pour suivre sa route lors d’une journée ensoleillée dans sa voiture. Il paraît que ce bug va être corrigé. Il y a également here, mais par contre, la navigation n’est pas encore au point.

Pour moi, un des gros bonus concernant le GPS sur l’ubuntuphone est l’option de donner l’accès ou non aux applications. Vous pouvez l’activer pour une seule application grâce à une manipulation toute simple. Évidemment, il ne faut pas oublier de donner l’accès à celle-ci. Par exemple, GPS Navigation cherchait le signal, mais ne m’a pas prévenu que je ne lui ai pas donné l’accès…

Batterie

Encore une bonne surprise, vraiment plus besoin d’être proche d’une prise et de se balader avec son chargeur. Même avec une utilisation intensive, elle tient réellement longtemps. Je ne suis pas certain, mais je pense que c’est dû au fait que les applications ne tournent pas en arrière plan lorsque je ne les utilise pas. Cette info est à vérifier.

Les scopes

Alors là, c’est la grande question. Je ne sais toujours pas quelle est leur utilité. Je vois très bien que ce sont un peu des favoris, mais je ne vois rien d’autre. Si c’était cela but, il est atteint, car très simplement je peux passer sur mes flux, mes photos, etc… Mais si c’est cela, je ne vois vraiment pas le foin qui a été fait autour. Le fait de pouvoir swiper de droite à gauche entre les fenêtres est beaucoup plus sympa que les scopes. C’est peut-être une autre façon de construire le code. Je ne sais vraiment pas.

Ce qui manque

Essentiellement, il manque de développement, mais j’ai une totale confiance dans les équipes. Lorsque je vois à quelle vitesse sortent les updates, que la convergence est une priorité chez Canonical et ce que sont devenues les distributions Linux, je pense que nous allons avoir une bête de course dans les mains assez rapidement.

La facilité à changer sa sonnerie ou la musique de réveil serait également bienvenue. Il est bien entendu possible de personnaliser cela via des lignes de codes, mais ce serait tellement plus simple de pouvoir directement choisir depuis sa musique. Pour les sonneries, c’est ici qu’on trouve le mode d’emploi.

Il faut tout de même noter deux applications qui me manquent cruellement : le hotspot et swype. Le hotspot tout d’abord, c’est tellement simple de prendre le train avec son laptop et d’avoir internet via le téléphone que c’est très frustrant de ne pas l’avoir. Il y a une manipulation ici ou encore ici, mais je ne les ai pas testées. Par contre, il paraît que cela fait partie du cahier de charges, donc je prends mon mal en patience.

Swype, l’application Android pour rédiger rapidement sur un smartphone en glissant avec son doigt sur les lettres, me permettait de gagner énormément de temps à la rédaction. Il est vrai que lorsque j’en parle à mes potes sous Androïd, ils ne sont vraiment pas nombreux à l’utiliser pleinement. Moi, j’en avais vraiment fait l’apprentissage et son efficacité me fait défaut.

Les petits plus

Un des principaux petit plus est le fait de pouvoir utiliser less quatre bordures. C’est une prise en main très rapide et rudement efficace.

Un auture petit plus est de pouvoir retrouver le code du wifi dans le téléphone. À la différence de la pomme ou de l’androïd, j’ai accès à l’affichage des codes. Je me rappelle d’une très mauvaise expérience où ma nouvelle tablette androïd s’est connectée au wifi familial sans que je ne le rentre et qu’en plus il ne voulait pas me le faire apparaître…

L’impression de ne pas être fliqué vient en troisième lieu. Je ne sais pas du tout à quel point Canonical prend des informations sur mon comportement, mais j’ai tout de même la sensation que c’est relativement confidentiel.Enfin, il faut le dire, c’est une téléphone avant-gardiste, un geek must have.

Je suis certain qu’il y a plein d’autres choses, mais ce sont celles qui m’ont réellement marqué

Faut-il l’acheter?

J’ai bien entendu envie de vous dire oui. Avec ce téléphone, il y a une réelle alternative aux OS principaux. De plus, le projet est réellement vivant. Certains reprochent le fait que nous sommes loin de l’Ubuntu Edge, personnellement, j’y vois un vrai téléphone fonctionnel qui se développe très rapidement et qui est intuitif et convivial. Une autre part à ne pas négliger, lorsque je rencontre des ubunteros ou des linuxiens, c’est réellement cool de sortir l’objet…

J’espère que le compte-rendu vous convient et si vous avez la moindre question, vraiment, n’hésitez pas à la poser en commentaire. Pour le suivi des bugs, vous pouvez vous dirigez vers cette page.

Nico

ps : si vous l’achetez, n’oubliez pas que UPS a envie de vous extorquer un maximum d’argent…

BQ Aquaris E4:5 ubuntu edition

169,90€
BQ Aquaris E4:5 ubuntu edition
8.9

Hardware

8.0 /10

Price / Quality ratio

9.0 /10

Intuitive

9.5 /10

Privacy

8.0 /10

Geek must have

10.0 /10

Pros

  • It's an Ubuntuphone
  • Conviviality
  • Battery
  • Price
  • Speedy development

Cons

  • In development
  • E-mail client
  • No hotspot
  • Missing apps
  • Difficult personalization

2 pensées sur “#ubuntuphone: impressions après deux mois d’utilisation

  • 18 juillet 2015 à 21 h 04 min
    Permalink

    Haaaaa le swype, je ne peux plus m’en passer 🙂

    Répondre
  • 19 juillet 2015 à 9 h 45 min
    Permalink

    Je l’ai depuis quelque temps aussi et j’ai le même resenti (même si je ne l’utilise pas encore en téléphone faute de carte sim au bon format)

    Ayant commandé depuis la France, pas de surprise au niveau frais de port : je n’ai rien payé de plus que ce qui apparaissait sur ma facture à la validation.

    Répondre

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