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Les contre-grévistes ont-ils des droits?

C’est reparti pour un tour. Nos amis syndicalissssss ont décidé d’à nouveau aller se battre pour nos droits. Considérant que nous sommes trop ignorant que pour aller nous défendre nous-mêmes et que nous sommes absolument incapables, soit d’analyser la situation, soit de nous rendre compte de la bêtise du gouvernement Michel, ils décident de faire une grande marche générale dans le centre de Bruxelles.

Une idée contre-révolutionnaire me vient à l’esprit. Et si cette fois, c’est nous qui bloquions la circulation des trains? Avouez, chers lecteurs que l’idée est drôlissime. Alors que Brandon et ses amis vont aller profiter d’une journée de ripaille, de castagne et de dégueulis sur les sales capitalisssssssss à grands coups de pieds et de feux de palettes, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de les empêcher d’arriver sur les lieux de la manifestation? Pour une fois, leurs bières, ils les consommeraient sur place et non dans notre belle capitale.

Aaaaah, je m’imagine bien les trains bloqués dès potron-minet par des honnêtes démocrates qui décident de faire des ballades bucoliques le long des voies de chemin de fer. Ou ce pauvre malheureux dépanneur indépendant qui a malencontreusement perdu son chargement sur un passage à niveau. Éventuellement, un troupeau de vache pourrait décider que l’herbe est plus verte dans le champ du voisin et décide d’y aller par le chemin le plus court: en traversant les voies. Ou encore des feux de bengale allumés un peu partout sur les voies dans l’objectif de se faire voir par les extra-terrestres du SIESTE (Syndicat Intergalactique des Extra-terrestres Sans Terre et Exploités).

Alors que j’échaffaude des plans dans mon esprit tordu de #NéoLibéralBourgeoisSansPitiéPourLesProlétaires, je me demande tout à coup, combien cela pourrait me coûter de faire ce genre d’action. Évidemment, je ne peux pas me cacher derrière une association sans personnalité comme les malotrus bourrés qui se pavanent plusieurs fois par année dans les rues de notre capitale. Non, je serais obligé d’assumer mes actes, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Voyons les tarifs. Ballade champêtre le long des voies: 14 jours de prison et/ou amende jusqu’à 1200€ 1 Ne trouvant pas de tarif pour blocage volontaire des voies, j’ai trouvé des tarifs par rapport aux suicides, il faut compter une moyenne de 3500€ par cas. 2 Admettons que j’arrive à trouver 10 personnes prêtes à faire des actions ponctuelles, on se retrouverait vite à du 50.000€… Ah les inégalités du combat pro et contre syndical sont flagrantes dans ce cas.

Je ne peux que m’insurger contre ce déni de démocratie! Mes droits sont totalement bafoués! Alors que des profiteurs du système et des indemnités des caisses de grève peuvent se permettre de bloquer les pays, les autoroutes, l’économie nationale et internationale, moi, je ne peux même pas bloquer un simple train sans risquer de me faire jeter en prison? Les casseurs détruisent le patrimoine public et, moi, dans mon combat, je ne pourrais même pas essayer de retarder les trains de la SNCB qui sont de toutes façons en retard?

Je ne parle même pas des tarifs préférentiels pour aller bosser ou étudier. Ces fameux tarifs d’abonnés qui permettent d’être entassés dans une bétaillère de travailleurs dépressifs, bétaillère qui, soi dit en passant, est structurellement en retard. Les syndicalistes, par contre, eux, auront droit à des trains supplémentaires avec barbecue, boudins et bières à volonté. Le tout animé par les Fanfares des Camarades de Joseph à coup de « C’est la lutte finaaaaaaaale… » C’est un scandale scandaleux : il faut des droits pour les contre-grévistes!

Pourtant, je les imaginais bien tous ces bleus, rouges et verts avec leurs canettes de carapils dans les mains en train de vociférer sur ce blocage inadmissible des transports publics qui les empêchent de se rendre sur leur lieu de travail. Ils auraient été obligés de brûler leur gare, détruire les voitures de leurs potes et castagner le flic avec qui ils jouent au couyon le week-end au bistrot. Et surtout, j’imaginais bien les leaders syndicalistes se retrouver avec autant de public que Jean-Luc Lahaye chantant dans un concours de Mini-Miss.

Bon, c’est pas tout ça, mais il est temps que je prépare un syndicat anti-syndicat ou un crowdfounding pour payer les amendes… Allez, un peu de solidarité envers les contre-grévistes. Si vous êtes généreux, nous ouvrirons même une école de formation pour conducteurs de trains spécialisés uniquement dans le pilotage lors des jours de grève. Quoiqu’il paraît qu’il est interdit de casser les grèves… Ce n’est vraiment pas possible, c’est illégal!

Je vous le demande ma p’tite dame : « Les contre-grévistes ont-ils des droits? ». Non, à part celui de se taire. Monde de mertttt.

PS: Deux jours après la manifestation, la SNCB part en grève. Mon coup de gueule est ici : http://dreamsandmoods.be/fr/2016/05/25/greve-de-sauvages/

 

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Nicolas

6 Comments

  1. Bien d’accord, je n’aurais pas dit mieux !
    J’en ai vraiment marre de ces grévistes, c’est toujours les même qui bossent dans ce pays!

  2. Plutôt que de faire le malin avec de l’humour à deux cents derrière un écran et un clavier, passe à l’action et essaye ton idée.
    PS: je n’étais pas gréviste

    • Déjà fait et ce sera encore à faire: militant parti Pirate jusqu’au jour de l’alliance malsaine avec le PTB qui a bien démontré que le pouvoir est plus important que les idées…

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